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 Promenade en solitaire

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Erika Sellers

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MessageSujet: Promenade en solitaire   Mer 14 Sep - 19:23

Ses légères chaussures rencontraient la neige rapidement, sans plus de bruit que celui du vent, qui sifflait dans les branches des sapins couverts de flocons. Le ciel était d'un bleu profond et parfait, comme jamais on en voyait depuis la vallée en contre bas des grandes montagnes. Ici, personne n'avait l'habitude de s'y promener en plein hivers, aucun humain, elfe, géant, nain ou fée n'était fou à ce point. Pendant la saison morte, le soleil n'avait aucune influence sur la neige, qui envahissait tout et remplissait les vallées creusées entre les montagnes, faisant des montagnes enneigées des plateaux très dangereux. Qui tombait dans un des gouffre de vallée mourrait étouffé par la neige, engloutit et digéré. Erika, elle, savait parfaitement où marcher en cette période de l'année. Quelques mois plus tôt, avec son maître magicien, elle avait dessiné elle même la carte des montagnes enneigées pour un travail de repérage. Depuis, elle l'avait sans arrêt dans son sac de toile, et s'en servait d'ailleurs actuellement pour se diriger dans la forêt montagneuse. Certes, l'été était là, mais la neige aussi, comme pendant chaque saisons de l'année dans les grandes montagnes enneigées, d'où leurs nom.

Elle s'arrêta soudain, tendue sur ses fines jambes, tel un elfe en pleine chasse. Elle écouta autour d'elle, puis repartie de plus belle à une vitesse inhumaine. Pourtant, Erika était bel et bien une humaine de sang. Au moins du coté de sa mère, car elle n'avait jamais connu son père, et ne voulait jamais ne connaître. Sa mère ne lui en avait jamais parlé, et elle s'imaginait encore qu'il pourrait s'agir de n'importe quoi, ou de n'importe qui. Du coup, elle faisait toujours attention à rester dans l'ombre pour observer les gens. C'était un de ses passe-temps : regarder les habitants de la capitale pour essayer de reconnaître celui que jamais elle ne pourrait reconnaître, étant donné qu'elle ne l'avait jamais vu de sa vie.

Enfin, elle n'était pas ici pour penser à ça. Dans les montagnes, jamais personne ne venait se promener, surtout à une altitude pareil. De nouveau, elle stoppa son avancée gracieuse, et écouta autour d'elle. Seul le vent se faisait entendre, aucun bruit ne venait perturber le calme plat des lieux. Elle se détendit, et posa son second pieds à terre, rassurée d'être seule dans cet endroit si paradisiaque. Elle était presque arrivée. Ravie par le silence et le calme, elle regarda les alentours avec un demi sourire. Les sapins étaient rares, et le sol était couvert d'un tapis de neige plus ou moins profond. Sur la surface blanche et poudreuse, on pouvait aisément distinguer des traces d'animaux diverses, oiseaux ou cerfs, en passant par les chevaux sauvages ou les rongeurs. Les traces d'Erika, elle, n'étaient que vaguement reconnaissables. Etant maître mage du feu, la chaleur dont elle irradiait réchauffait tout ce qu'elle touchait à différents degrés. Heureusement pour elle, si jamais elle ne voulait pas se faire remarquer par des traces de neige fondue, elle pouvait toujours retenir son pouvoir et se promener incognito dans les montagnes, ce qu'elle faisait d'ailleurs actuellement.

Elle marchait donc tranquillement vers l'endroit tant attendu vers lequel elle marchait depuis quelques heures déjà, le visage serein et calme, mais attentif. Elle faisait toujours attention à ne jamais être suivie. Oui, car depuis quelque temps, elle était assez connue dans le pays, et les mages qui voulaient sa place engageaient souvent des tueurs à gage pour la poursuivre. Malheureusement pour eux, c'était souvent eux qui terminaient en elfe, fée, géant ou humain grillé. Oui, car elle avait croisé un bon nombre de sortes de tueurs ces quinze derniers mois. Mais elle contrôlait parfaitement ses pouvoirs, et toutes les astuces que son maître et bienfaiteur lui avait enseigné lui servaient tous les jours.

Ca y était. D'un geste de la main, elle fit s'évaporer la neige et s'assit dans l'herbe neuve et verdoyante, face au spectacle grandiose. Elle se remplit les yeux avec délice, émerveillée comme une enfant. D'ici, elle pouvait tout voir. A ses pieds s'étendaient les grandes plaines d'Aïkorima, avec en leur centre la capitale bourdonnant d'activité. Dans les champs, on voyait les paysans labourer leur terre à la main ou à l'aide de bœufs ou de chevaux, plantant leur semences de l'an passé pour une nouvelle saison. Partout, des enfants courraient en riant de bon cœur, s'amusant à s'attraper ou à jouer à cache-cache dans un petit bois solitaire ou dans les rues. Juste devant Erika se tenaient les montagnes rocheuses dépassants d'un voile de nuage, d'où l'on entendait les nains forger leurs armes légendaires. Plus loin encore que les plaines, la forêt elfique et ses arbres centenaires et gigantesques. Le calme semblait régner sur le monde. Et Erika semblait être à coté du calme et ainsi, elle avait l'impression qu'elle était au dessus de tout, tel les dieux qu'on vénérait dans les temples et les lieux de cultes.

Cette fois ci, un large sourire passa sur son visage, et ses yeux dorés brillèrent. Elle avait tellement prit de hauteur qu'elle avait à ce moment précis presque le statue de Déesse. Ravie, elle regarda longtemps le paysage, observait la course des nuages au dessus du pays, tout en essayant parfois de les toucher. Mais soudain, elle s'arrêta. A l’affût du moindre bruit, elle se mit à écouter, tous ses sens en alerte. Elle se retourna vivement, et se figea.

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MessageSujet: Re: Promenade en solitaire   Mar 11 Oct - 19:24


~ Une Nouvelle Ère ~

Lentement, Peter jeta un coup d’œil dans son dos : il avait la vague sensation d’être suivi. Et il n’aurait pas su dire comment, mais il était persuadé d’avoir entendu un bruit. Ce n’était pas la première fois qu’on l’espionnait, après tout ; il avait fini par trouver ce fait totalement habituel. À moitié amusé, il décida de continuer à avancer, tout en prêtant une attention particulière à celui – ou ceux – qui le suivait. Il se remémora ces derniers jours, et constata à quel point sa vie était loin, très loin de la routine quotidienne que peuvent connaître certaines personnes à Walroen.

~~~

Aïkorima, Palais Royal, trois jours plus tôt
- Vous pensez vraiment pouvoir faire quelque chose pour mon fils, Peter ?

Les trais du roi étaient fatigués et las de prononcer des paroles vides de sens. Ce n’était pas la première fois que le monarque abordait cette question en présence du Mage, mais à chaque fois, cela contrariait quelque peu le Faucon de Minuit. Il était vrai qu’il s’était occupé pendant longtemps de l’éducation du jeune prince William, que ce soit spirituellement ou intellectuellement. Mais Frederick, le roi de Walroen, semblait douter des compétences de son fils à lui succéder. La réalité était que Peter avait toujours trouvé le prince à la hauteur de la situation, et qu’il était appelé à devenir le plus grand chef que le Royaume ait jamais connu.

- Je vais aller lui parler. Mais sachez que je n’ai aucun doute sur ses aptitudes, sire.
- A la bonne heure. Il rentre des Montagnes de l’Ouest dès demain. J’espère que vous serez à la hauteur.
- Je m’efforcerai de demeurer celui que j’ai toujours été, et rien de plus.
- A propos, comment se porte votre épouse ? Cela fait longtemps que nous ne l’avons pas vu dans notre capitale …
- Je crois qu’elle préfère de loin la compagnie des arbres et des animaux que celle des humains et des races douées d’intelligence. Et dans un sens, elle a peut-être raison sur ce point.
- Splendide, splendide. Vous irez donc voir le prince ?
- Demain matin à la première heure, si telle est votre volonté, sire.
- Entendu.


~~~


Au tournant du sentier, Peter aperçut une silhouette qui lui était chère. Erika Sellers lui apparut comme un ange entouré de neige. Lentement, il s'approcha, mais un pas plus bruyant que les autres dans la neige fraîche trahit son approche qu'il voulait discrète. Son épouse s'était retournée immédiatement, et le fixait de ses grands yeux verts.

- J'ai su que tu étais ici, alors ... j'ai pensé que prendre un peu de temps, rien que toi et moi, ne nous ferait pas de mal ...

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MessageSujet: Re: Promenade en solitaire   Sam 15 Oct - 12:23

- J'ai su que tu étais ici, alors ... j'ai pensé que prendre un peu de temps, rien que toi et moi, ne nous ferait pas de mal ...

Erika se détendit immédiatement. Elle ne s'attendait absolument pas à ce que Peter la rejoigne ici, sur les plus haut monts des montagnes enneigées. Son visage resta impassible, et elle se retourna vers le paysage qui s'étendait toujours à ses pieds, comme un tapis gigantesque et coloré. Une brise légère passa entre eux, et la jeune femme posa ses mains sur ses hanches.

Personne n'a pu te dire que j'étais ici, je ne l'ai pas dit. Je ne sais pas comment tu as encore fait, mais c'est gentil d'être passé.

Elle avait gardé un ton distinct et grave, et son visage n'avait pas bougé. Elle restait de marbre, à contempler le par-terre de vie, tournant le dos à Peter. Elle ne savait pas s'il avait bougé, s'il baissait les yeux ou s'il la contemplait, elle ne savait pas non plus ce qu'il avait en tête. Mais ce dont elle était certaine, c'était que ces dernier temps, il avait refusé de la voir à cause du fils du roi, dont il s'occupait personnellement depuis trois jours. Elle avait été vexée, au plus profond d'elle même, comme jamais elle ne l'avait été. Combien de fois elle l'avait attendu, pour qu'a un instant il apparaisse et lui dise qu'il était désolé ? Elle ne les comptait plus. Étrangement, aujourd'hui, il s'était décidé. Juste le jour où elle avait décidé de s'exiler pour de bon loin de tout pour réfléchir seule. C'était raté. Un mal de ventre lancinant la prit alors. Elle se sentait tellement mal... Les larmes lui montaient déjà aux yeux, des larmes brûlantes et bien décidées à quitter ses yeux pour aller rouler sur ses joues. Elle tenta de rester impassible, bien que ses yeux ne se remplissaient de perles transparentes. Elle se rendit compte qu'elle tremblait, et se ressaisit. C'est moi, l'idiote de l'histoire ! Peter à le droit de s'occuper d'autre chose que de moi ! Erika, rend toi compte que c'est une situation tout à fait stupide et inutile ! elle baissa la tête, ravala ses larmes et fit volte face, les yeux toujours baissés vers la neige imaculée.

Alors ? Comment va le fils du roi ?

Elle avait fait exprès d'insister sur ces quatre derniers mots, puis avait relevé la tête et défiait maintenant Peter du regard. Heureusement pour elle, ses yeux ne rougissaient pas trop lorsqu'elle pleurait, ce qui avait la chance de passer inaperçu de cette façon. Peut-être que Peter l'avait vu trembler... Elle mourrait d'envie de se jeter dans ses bras, d'exploser en sanglots, de se faire consoler par celui qu'elle aimait tant, de lui expliquer sa douleur constante depuis ces derniers jours... Elle voulait qu'il comprenne qu'elle avait souffert, beaucoup trop souffert pendant tout ce temps, où il avait regardé ses autres priorités et pas elle. Elle rêvait qu'elle le prenne contre lui, qu'il s'excuse, qu'elle le pardonne, et qu'ils puissent s'aimer à nouveau comme avant... Elle eut n mouvement en avant, mais elle se retint. Il l'aurait prise pour une folle..

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MessageSujet: Re: Promenade en solitaire   Dim 20 Nov - 15:28


~ Au sommet des Monts ~

Peter se rapprocha d’Erika. Les paroles de son épouse lui avaient fait prendre conscience à quel point il avait été odieux. Non seulement envers elle, mais également envers lui-même, et leur amour. Voyant que la jeune femme faisait un pas vers lui, il se rapprocha d’elle lentement, jusqu’à pouvoir sentir le souffle d’Erika sur ses joues. Alors, il afficha un sourire. Le plus beau sourire qu’il avait à offrir, le plus beau sourire de Peter Evans. Déjà, des larmes souhaitaient glisser sur les joues rougeoyantes du jeune homme, mais le Mage les retint du mieux qu’il put. Il enfouit sa tête dans le cou de son épouse, et l’enserra tendrement en s’excusant de toutes parts. Il ne voulait pas. Il n’avait jamais voulu l’offenser, ou lui faire croire qu’il l’aimait moins. C’était faux. Et parfois, Peter avait peur de mal faire. Il avait tout le temps peur de mal faire, pour tout dire.

- Je t’aime …

Les mots avaient résonné avec un naturel impressionnant, montrant que Peter ne cachait pas ses sentiments. Il avait senti le ton de reproche dans la voix d’Erika, et c’était à lui de réparer ce qu’il avait fait. Réparer avec sagesse et sincérité. Et c’est précisément ce qu’il était en train de faire. Car par-dessus tout, ce qu’il savait et ce qu’il connaissait mieux que lui-même, c’était cet amour incontrôlable et si fort qu’il vouait à Erika Sellers. Peter arrivait de mieux en mieux à canaliser ses spasmes nerveux. Avec un seul regard, il crut comprendre que la jeune femme semblait lui demander si tout allait bien - oh, peut-être n'était-ce pas du tout la signification du regard de la jeune femme -, et le Mage acquiesça en silence au plus profond de lui-même.

- Le fils du roi va bien, en effet, mais il représente bien peu de choses à côté de ce que tu représentes pour moi, Erika. J’ai fini de jouer les précepteurs façon Merlin, mon amour. Il est suffisamment grand désormais pour pouvoir se débrouiller comme il se doit. Je n’ai rien d’autre à lui apprendre. Et même si le Royaume qu’il aura à gérer sera plus anarchique et plus chaotique encore que sous le règne de son père, il devra faire preuve de force s’il veut subsister face aux Mercenaires. C’est ainsi. Nous allons pouvoir prendre du bon temps ensemble désormais …

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MessageSujet: Re: Promenade en solitaire   Sam 3 Déc - 21:50

Elle fut presque surprise que son souhait se réalise, pour finalement le rejeter : elle ne voulait pas de ses excuses. Elle n'en voulait pas, parce qu'elle ne savait pas encore à qui était la faute ; à elle ou à lui. Si c'était à elle, inutile de s'excuser, elle ne devait s'en vouloir qu'à elle même, et dans le cas contraire, c'était inutile aussi, car le mal était déjà fait et subit. Lentement, celui qu'elle aimait depuis toujours s'avança vers elle jusqu'à pouvoir la frôler, puis, sans qu'elle ne s'attende à quoi que ce soit du genre, il se mit à sourire. Un sourire éclatant comme elle n'en n'avait vu que de rares fois dans sa vie : le jour de leur rencontre, de leur fiançailles, celui de leur mariage et ce jour là, au dessus du monde, dans les montagnes loin de tout. Une violente envie d'exploser en sanglots la prit, si violente qu'elle déchira la peau de ses main avec ses ongles tant elle serrait les poings pour se retenir. Au lieu de cela, elle resta de marbre, à la limite de l'effondrement moral. Jusqu'à l'instant où Peter s'avança encore, la prit amoureusement dans ses bras et alla déposer un baisé tendre et glacé dans son cou, provoquant un frisson terrible qui se répandit dans tout son corps brûlant, tel un tsunami dévastateur qui surgirait dans un désert. A cet instant, le fil qui retenait son courage et son détachement face à la situation lâcha d'un coup sec et, n'ayant pas d'autres solutions s'offrant à elle, la mage du feu implosa.

Erika sentit son moral s'effondrer comme un château de carte qu'elle s'efforçait de garder à l'abri du vent mais qu'une bourrasque malveillante venait de raser ; comme un barrage qui cède en laissant s'échapper des milliers de trombes d'eau qui détruisent tout sur leur passage. Elle suffoqua imperceptiblement, tellement discrètement que Peter ne sembla même pas le remarquer, puis tenta de se reprendre comme elle put. Mais elle nageait encore dans l'horreur que son esprit s'amusait à lui montrer. Emportée par la tempête de ses idées noires, elle n'entendit qu'à peine le 'Je t'aime' de son amant tellement elle était bouleversée par ses propres pensées qu'elle ne contrôlait plus. Elle avait envie de disparaître, de mourir, de s'abattre elle même tant elle avait honte, honte d'être ce qu'elle était et de pensait ce qu'il se passait dans sa tête ! Elle aurait voulu changer, être totalement différente, absolument l'opposé de ce qu'elle était en ce jour, car à présent, elle ne se supportait plus.

Elle était indécise au départ, mais à présent, elle savait que tout était de sa faute. Ses yeux se perdirent dans le vide, trempés de larmes et elle attendit un instant. Elle ne sentait plus que le corps de Peter contre le sien, simplement ce contact parfait entre lui et celui qu'elle aimait depuis toujours et pour toujours. Tout était sa faute. Depuis le début. Elle avait essayé, inconsciemment ou consciemment, de garder le mage de l'air pour elle toute seule, de l'empêcher de la quitter, de l'obliger à rester avec elle pour son bon plaisir. Mais il avait des devoirs lui aussi, et il n'avait pas le temps pour les fantaisies de cette pauvre demi elfe qui n'avait rien à lui offrir en retour, si non elle amour qu'elle espérait sans cesse à la hauteur des espérances de cet humain si parfait à ses yeux.

- Le fils du roi va bien, en effet, mais il représente bien peu de choses à côté de ce que tu représentes pour moi, Erika. J’ai fini de jouer les précepteurs façon Merlin, mon amour. Il est suffisamment grand désormais pour pouvoir se débrouiller comme il se doit. Je n’ai rien d’autre à lui apprendre. Et même si le Royaume qu’il aura à gérer sera plus anarchique et plus chaotique encore que sous le règne de son père, il devra faire preuve de force s’il veut subsister face aux Mercenaires. C’est ainsi. Nous allons pouvoir prendre du bon temps ensemble désormais …

Elle ne l'écoutait déjà plus. Pas un mot ne s'était arrêté dans sa tête, elle n'avait même pas entendu les dernières paroles du jeune homme. Elle ne savait plus ce qu'elle devait faire, ni dire ou encore penser. La tempête de ses tourments venaient de l'anéantir, elle était totalement perdue. Elle cligna des yeux tandis qu'inconsciemment, sa peau se mettait à brûler. Contrairement à ce qu'elle pouvait s'attendre, la raison l'emporta sur la folie et elle attrapa tout doucement les bras de Peter pour s'en défaire, les yeux toujours dans le vague. Elle écarta donc les bras de son amant avec une lenteur telle qu'on aurait put croire qu'elle considérait Peter comme un objet extrêmement fragile et précieux, qui risquait de tomber en poussière dès le moindre souffle.

Excuses moi... Attends...

Dès que son amour fut à un pas d'elle, sans pouvoir rien faire d'autre, elle tomba à terre sans même chercher à se rattraper nulle part. Elle tomba dans la neige, qui s'évapora violemment dans un crépitement sauvage. Erika termina donc assise sur le sol à présent dénué de toute trace de neige, où même l'eau à l'état liquide était rare tant sa peau était brûlante. Elle se rendait à présent compte que si elle continuait à se torturer l'esprit ainsi, elle deviendrait folle. Et ses pouvoirs s'appliquaient à lui montrer à quel point elle pouvait perdre le contrôle de sa personne en si peu de temps. Elle cru voir un mouvement de la part de Peter, qui ne devait pas du tout comprendre ce qu'il se passait, mais elle l'arrêta sans un geste :

Non. Ne me touche pas.

Elle ferma les yeux et se concentra sur son flux sanguin, sa respiration et ta position en tailleur. Quelques secondes plus tard, elle sentait toutes les liaisons sanguines et nerveuses de son corps pulser à l'unisson, au rythme trop rapide de son cœur. Peu à peu, elle s'appliqua sur son souffle, le rendant plus lent et plus profond, et la chaleur commença à disparaître. Elle respirait avec calme, concentrée, tellement qu'elle ne sentait pas les larmes qui descendaient le long de ses joues et le long de son cou, allant jusqu'à tremper sa poitrine fraîche à présent. Lorsqu'elle sentit que son corps allait mieux, et qu'elle avait reprit le contrôle total de ses pouvoirs, elle ré-ouvrit doucement les yeux, ses grand yeux gris et glacials larmoyants, où un milliers de perles liquides brillaient encore, prêtes à tomber au moindre battement de paupière. Elle regarda en hauteur, rencontra le regard de Peter et, désolée, baissa à nouveau la tête et s'excusa.

Je suis désolée... Vraiment...

Elle ne savait qu'à moitié pourquoi elle s'excusait. A présent, il pouvait la considérer comme folle. Cette situation était tellement difficile, tellement douloureuse qu'elle en perdait la tête, elle ne savait même plus ce qu'elle disait, en réalité. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était retrouver leur gaieté d'avant, leur joie de vivre, leur complicité, tous ces moments délicieux qu'elle connaissait par cœur à se les ressasser sans cesse dans son esprit décontenancé. Elle ne trouva pas la force de se jeter dans les bras de son amant, et resta donc au sol, misérable comme avant, comme toute son existence, en particulier son enfance. Misérable, abandonnée, seule face à ses tracas que personne je comprenait et ne comprendrait jamais.

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MessageSujet: Re: Promenade en solitaire   Jeu 8 Mar - 12:06


~ Libre comme l'Air ~

Le souvenir revint en lui avec la violence d’un océan déchaîné en pleine tempête. Ce que vivait Erika en ce moment, lui aussi l’avait vécu. Lui aussi avait été repoussé pendant longtemps par sa famille et ses amis, parce qu’il était différent. Pour autant qu’il s’en souvienne, lorsqu’il était encore enfant, Peter ne se faisait jamais embêter par les autres enfants de son âge. Ils avaient peut-être trop peur de « l’étrange garçon qui fait danser le vent au bout de ses doigts ». Devenu adolescent, il était resté un être réservé, mystérieux, qui ne se laissait pas facilement approcher, et qui ne se dévoilait jamais. Il gardait ses pouvoirs pour des situations extrêmes, car il croyait dur comme fer que n’importe quel walronien avait du bon en lui. Quelque chose de beau et de splendide. Quelque chose dont chacun devrait tirer des leçons. Quand sa magie était devenue plus puissante, il avait eu la folie de vouloir former des élèves. Et il avait échoué ; il n’avait jamais trouvé personne ayant le don. Jusqu’à ce qu’il rencontre Erika Sellers. Elle n’avait pas été son élève – du reste elle était bien trop talentueuse pour recevoir un enseignement, aussi distingué puisse-t-il être – mais il l’avait rencontré totalement par hasard. Dans un méandre de la vie, comme le dirait son père, ce père qui n’avait rien trouvé d’autre qu’un faucon planant au dessus de la forêt vers minuit à la naissance du Mage. Aujourd’hui, tout cela lui semblait loin, comme effacé. Le voile du passé rendait flou tout souvenir : mais tous ceux passés avec Erika, ceux-ci restaient intacts.

Peter avait été appelé à la cour du Roi alors qu’il avait à peine seize ans. C’était son droit de refuser à l’époque. Mais il avait été poussé par les ambitions de la jeunesse. Des fausses ambitions. A présent, ce dont il rêvait, c’était de liberté. D’être libre avec elle, l’amour de sa vie, Erika. William serait un bon roi qui succèderait à son père Frederick comme il se devait. Le prince avait passé assez d’heures avec Peter. C’était au tour d’Erika maintenant. Après tout, ce que son épouse ignorait, c’était qu’il avait informé le roi lui-même de sa « démission » la veille. Le vieux monarque avait paru presque horrifié, mais Evans l’avait rassuré – tout du moins, légèrement – en lui annonçant qu’il ne le quittait pas pour les Mercenaires. Il se battrait toujours pour le royaume, pour ses terres, pour son roi, mais surtout parce qu’il savait qu’un Walroen aux mains des Mercenaires serait tout sauf une « bonne solution ». Les Mercenaires ne connaissaient que la loi du sang et de la domination, et ils inspiraient la peur pour être respectés. « Un Etat ne peut pas se bâtir sur la peur, William ». C’était la dernière leçon que le Mage de l’Air avait donné au jeune prince avait de le quitter. Pour longtemps.

Voyant qu’Erika n’avait même plus la force de se lever, Peter s’assit en tailleur face à elle, dans la neige épaisse. Il s’écoula quelques secondes durant lesquelles ni l’un, ni l’autre n’osait prendre la parole. Le silence était total, au beau milieu de ces montagnes enneigées. Puis – peut-être parce qu’il sentait que c’était à lui de faire le premier pas – le Mage se mit à murmurer …

- C’est à moi d’être désolé. Tu n’as rien fait Erika. Et puis tout ça, c’est fini. J’ai donné ma démission au roi hier soir. Tout est fini. Nous sommes des Mages, et nous sommes par définition indépendants. Libres. Et ce serait un plaisir pour moi de partager cette liberté avec mon épouse, parce que c’est ce que j’ai toujours souhaité. Je ne prétends pas connaître tes blessures, je veux simplement les guérir ; et pour les guérir, j’entends les comprendre. Comme il se doit. Je …

La dernière phrase de Peter resta inachevée quand il remarqua une flèche derrière les buissons non loin de là, pointée droit sur le dos de son épouse. Et ce n’était pas la seule : ils étaient presque encerclés de Mercenaires. Le Mage pesta à l’intérieur de lui-même : il aurait du être plus attentif à ce qui se passait autour d’eux. Il savait pertinemment que s’il tentait un moindre mouvement, une pluie de flèches meurtrières tirées à bout portant s’abattrait sur eux. Et ils auraient peu de chances d’en ressortir vivants. Et il eut beau retourner le problème dans sa tête, il ne voyait aucune solution. Erika semblait elle aussi avoir pris conscience du danger, donc il ne restait plus qu’à agir. Agir, mais comment ? Là était toute la question …

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Peter Evans - Le Faucon de Minuit
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MessageSujet: Re: Promenade en solitaire   Sam 19 Mai - 16:17

- C’est à moi d’être désolé. Tu n’as rien fait Erika. Et puis tout ça, c’est fini. J’ai donné ma démission au roi hier soir. Tout est fini. Nous sommes des Mages, et nous sommes par définition indépendants. Libres. Et ce serait un plaisir pour moi de partager cette liberté avec mon épouse, parce que c’est ce que j’ai toujours souhaité. Je ne prétends pas connaître tes blessures, je veux simplement les guérir ; et pour les guérir, j’entends les comprendre. Comme il se doit. Je …

Erika secoua la tête en signe de négation, tandis qu'il terminait sa tirade. Elle n'avait que faire ce que qu'il pouvait bien dire, et elle ne voulait même plus l'écouter. Elle n'entendait plus ses paroles autrefois si douces à son oreille, elle ne voyait plus ce visage qu'elle avait cru trouvé si merveilleux un jour, elle ne voulait plus écouter cette voix qu'elle avait entendu et dégusté tant de fois déjà. Elle n'avait pas écouté, et elle se fichait de ce que Peter pouvait bien raconter. Elle s'écarta, se rapprochant rapidement du vide qui s'étendant derrière elle pour s'arrêter à un pas du rebord de roche fendillée. D'un geste elle l'arrêta, le coupant dans sa phrase, puis elle dit dans un murmure :

Tu ne comprends pas, tu ne comprends rien... Tu ne comprendras pas...

Elle prit sa tête entre ses mains avant de lancer, presque hurlant à tout vent :

Tu ne sais même pas ce que tu veux dire par 'Tout est fini' ! Tu ne t'entends pas parler, tu ne réfléchis pas à ce que tu dis, tu n'as que toi dans la tête ! Et moi alors ?! Moi ! Penses à moi ! J'existe aussi ! J'existe et je souffre ! Tu peux le comprendre ça ? Ne me promet pas des choses que tu seras incapable de tenir, Evans ! Partir tous les deux, en liberté, comme... comme n'importe qui dans les histoires... Tu le sais, tu le sais que j'ai toujours rêvé qu'on le fasse ! Tu le sais Evans !

Elle s'arrêta, les yeux détrempés et une main tremblante levée, pointant du doigt le visage de celui qu'elle avait toujours aimé et qu'elle aimerai toujours, prête à fondre en larme au moindre mouvement de Peter. En temps normal elle n'avouait jamais être blessée lorsqu'elle l'était. Elle n'avait peut-être pas le courage de dire ce qu'elle pensait à celui qu'elle aimait en temps normal. Elle n'avait peut être pas la force d'affronter toutes les réactions de Peter suite à ses déclarations. Mais maintenant qu'elle était lancée, elle ne pouvait plus s'arrêter. Il fallait que toute sa douleur accumulée lors de toutes ces semaines s'évade, il fallait qu'elle s'échappe vite, douloureusement ou non, il fallait que tout sorte.

Erika avait entendu quelque chose dans son dos. Elle s'appliqua à ne pas changer l'expression de son visage ou de bouger son corps de manière habituelle pour ne pas signaler à quiconque qu'elle avait bien saisit la menace. Elle fusillait toujours Peter du regard, les yeux brillants de larmes brûlantes. Lorsqu'elle se rendit compte de sa grosse erreur, elle réalisa de la même manière que son amant avait déjà vu depuis longtemps qu'on les observait. Elle se maudit intérieurement tout en se promettant de retourner à cette conversation de façon sérieuse plus tard. D'un regard, elle lui lança encore quelques éclairs colériques avant d terminer :

Ne me promets pas ce que tu es incapable de m'offrir.

Sa voix était à présent bien tenue, elle ne tremblait plus, et elle avait l'air plus énervée qu'autre chose. Elle se redressa légèrement, laissant les larmes quitter d'elles même ses yeux pour aller tremper son léger haut, Parce que si non je me ferais tout se suite repérée. Erika lança un imperceptible regard par dessus l'épaule de Peter, repéra rapidement la position des flèches dans les buissons autour d'eux, puis lança un regard des plus noir à son amant, puis continuant de pleurer, elle prononça doucement :

Peut-être que c'est de ma faute... Peut-être que je ne t'explique pas assez bien ce dont j'ai besoin... Je ne mérite pas de vivre à tes cotés...

Elle dégaina son katana d'argent, l'appliqua sur son épaule nue, regarda Peter dans les yeux. Par son regard à présent presque sec, elle ne disait qu'une chose : Tu m'aimes ? Prouve le. Au fond, elle savait parfaitement que son amant avait comprit le message. Elle savait qu'il était presque en mesure de lire dans ses pensées, et qu'ainsi il avait comprit ce qu'elle lui demandé, cette fois-ci. Elle rabaissa son arme, se coupant légèrement et volontairement juste sous la nuque.

Allez, prends ton arme et viens me défier, j'ai envie d'un petit combat là. Ne me demande pas pourquoi.

D'un coup d'oeil, elle fit comprendre à Peter que c'était important. Mais, sans l'attendre outre mesure, elle regarda rapidement autour d'elle, délimitant une périmètre de sécurité autour d'eux. Elle ferma ensuite les yeux, puis à peine une seconde après, un bruit d'explosion de feu se fit entendre tout autour des deux amants. Elle réouvrit les yeux, à l'abri de l'immense mur circulaire de flammes.

A toi maintenant. Prouve le moi.

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MessageSujet: Re: Promenade en solitaire   Mar 5 Juin - 9:55


~ L'épreuve de l'Air ~

Elle ne lui avait rien demandé de plus que de lui prouver son amour. Evans sentit son sang bouillonner dans ses veines, une haine de lui-même, une colère grandissante vis-à-vis de ce qui était en train de leur arriver. Car les brigands étaient là, et ils pouvaient passer à l’attaque sans préavis. L’adrénaline affluait dans ses veines, telle une drogue impérissable, et il sentit toute la puissance de la magie se réveiller en lui. Des émotions toutes plus fortes les unes que les autres submergeaient son esprit ; et son corps, bien que non loin de son épouse, était une véritable tempête qui semblait ne jamais vouloir prendre fin. Erika voulait un duel avec lui, certes, mais elle avait aussi fait passer un message à Peter. Un message qui était on ne peut plus clair.

Le mage jeta un œil vers le ciel, son élément de toujours, et crut y apercevoir un signe ; des nuages s’amoncelaient en épais bataillons au dessus de leurs têtes. De quoi conférer un avantage au jeune homme. Un avantage défensif avant tout. Puis, reportant son attention sur les flammes, il entendit les brigands se rapprocher ; visiblement, les flammes générées par Erika se semblaient pas les impressionner plus que ça. Parfait, pensa-t-il. Nous sommes seuls à présent. Il n’y a plus que vous contre moi. Je ne vous laisserai pas toucher à mon épouse.

Evans ne se battait jamais avec des armes blanches, ou très rarement, lorsqu’il en trouvait par hasard sur un champ de bataille. Il n’avait d’ailleurs aucune arme à lui. Son meilleur atout était sa magie, et il avait tendance à regretter que certains magiciens préfèrent les armes conventionnelles aux armes magiques. Il ne prit donc pas la peine de dégainer un quelconque artefact comme l’avait fait Erika, mais se contenta de rabattre sa capuche sur son front un peu plus bas ; sa pose préférée de combat. Il voulait garder une pointe d’imprévisible avant tout. Ses adversaires ignoraient tout de lui et, quelque part, Peter préférait que ce soit ainsi. Il voulait être "quelque chose qui ne puisse pas être prédit". Par personne. En ce moment même, personne ne lui dicterait son destin. L’air dansait déjà au bout de ses doigts, comme l’implorant de fondre sur les brigands. L’adrénaline qui courait dans le corps d’Evans lui jouait des tours. Pourtant, il se sentait puissant. Essayant d’isoler ce sentiment pour mieux appréhender les choses, le mage ferma les yeux une demi-seconde. Un instant qui lui permet de tout remettre en ordre. Puis, il y eu un bruit sourd.

Peter fit volte-face. L’un des brigands s’était approché d’Erika en passant à travers le mur de flammes qui s’était estompé par endroits, et lui avait asséné un violent coup de coude ; la jeune femme avait immédiatement perdu connaissance et était tombée sur le sol, inconsciente. Rempli de colère, Evans ne laissa même pas le temps au Mercenaire de sortir son arme et déchaîna toute la puissance de sa magie sur lui. Une poussée de télékinésie très puissante frappa l’homme de plein fouet ; son corps quitta la terre ferme, et Peter dirigea le brigand droit sur un rocher. Quand l’homme heurta le bloc de pierre, Evans sentit ses os craquer. Il devait lui avoir brisé au moins un bras, peut-être même quelques côtes. Se retournant promptement, Peter eut tout juste le temps de voir trois autres adversaires émerger du mur de flammes qui désormais n’était plus que fumées éparses depuis qu’Erika avait perdu connaissance. L’un d’eux pointait déjà son arme vers lui. Sans attendre – rendu complètement fou du fait qu’il devait protéger son unique amour – il se rua vers les trois hommes avec une vitesse fulgurante. Il fut accueilli par un joli crochet du droit : sa lèvre saignait abondamment. D’un geste de la main, il écarta par télékinésie les trois Mercenaires, et un long combat commença. Il priva d’oxygène l’un d’entre eux, qui se mit à suffoquer et à tousser de façon très ostentatoire. Ses deux compagnons le regardaient, comme intrigué par ce qui se passait, mais c’était déjà trop tard : l’homme semblait cracher ses poumons, et Peter n’eut qu’à attendre quelques instants de plus pour voir le corps du brigand tomber dans l’herbe, inerte, vidé de toute vie.

L’un des deux survivants passa à l’attaque. Peter l’accueillit avec une décharge électrique violente qui contracta ses muscles. L’homme lâcha son épée, mais Evans n’avait pas gagné pour autant ; derrière lui, son compagnon avait décoché une flèche qui, bien que mal ajustée, érafla l’épaule du Faucon. Le mage fit volte-face et souleva le corps de son adversaire tout en l’étranglant. Puis, d’un geste vif de la main, il l’envoya valser dans l’air, et les cris du Mercenaire qui s’envolait furent stoppés net par l’horrible craquement que fit sa nuque quand elle se brisa contre le tronc du chêne tout proche. Se retournant, Peter fit face au dernier mercenaire qui avait ramassé son épée. Il semblait éreinté par l’affrontement qui à première vue lui avait paru facile. Pour toute marque d’empathie, Peter leva sa main vers le ciel, et la foudre traversa le corps du Mercenaire, dont l’étincelle de vie avait quitté son corps avant même que le mage ait terminé son attaque. Puis, Peter revint sur ses pas, auprès du premier Mercenaire qu’il avait attaqué, celui qui rampait désormais sur le sol, cherchait à s’échapper. Quand ce dernier entendit Peter approcher, il le supplia :

- Seigneur, je vous en prie ! Vous avez gagné, laissez-moi partir !
- Je ne savais pas qu’il était dans l’habitude des Mercenaires de pleurnicher. Kills ne devrait pas avoir vent de vos agissements, pilleur. J’ose à peine imaginer les souffrances qu’il vous ferait endurer pour de tels caprices …
- J’ai une femme, des enfants, comprenez-moi !
- Moi aussi j’ai une femme, et vous avez essayé de la tuer. De me la prendre. Comment voulez-vous que je vous prenne au sérieux ? La pitié est pour les faibles. Désolé, je ne mange pas de ce pain-là.


Des étincelles électriques jaillirent des mains d’Evans et achevèrent le dernier brigand. Dans sa colère, Peter avait achevé le Mercenaire de façon à ce qu’il ne souffre pas trop. Il ne pouvait pas le laisser vivre. C’était lui qui avait essayé de tuer Erika. Et le Faucon de Minuit ne faisait preuve d’aucune pitié envers ceux qui essayaient de lui prendre sa bien-aimée. Dans tous les sens du terme. Le sang coulait abondamment de l’épaule blessée du mage. Mais malgré cela, il vint rejoindre sa bien-aimée qui gisait par terre, comme endormie. Encore quelques minutes, et elle rouvrit les yeux. Peter crut même apercevoir un sourire sur ses lèvres, sourire qui sembla s’estomper quand elle vit la blessure de son amant.

- Ce n’est rien. L’important, c’était que tu sois sauvée.

Cette fois, Peter sentait bien que ses propres mots étaient teintés d’une sincérité profonde, apaisante. Une sérénité sans bornes se percevait dans sa voix certes monocorde, mais profonde. Puis, dans un souffle, moitié exténué, moitié passionné, il crut bon d’ajouter

- Je ne voulais pas te perdre …


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